dimanche, mars 12, 2006
Un Juif,Un arabe, et un Américain
Mettre en scène autour d’un secret, trois personnages qui n’auraient jamais du se rencontrer. Ils se trouvent dans un endroit inhabituel.
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Jésus est le premier à se réveiller. Il est quelque peu surpris (bien qu’il en a déjà vu des vertes et des pas mûres) de se trouver dans un ascenseur de verre avec une vue imprenable sur Manhattan, puisqu’il se trouve à environ 1km au dessus du site du point zéro, où les tours d’acier et de verre se sont effondrées, telles deux géants pourtant imperturbables. En revanche, la vue de Bin Laden suçant son pousse recroquevillé sur le sol l’interpelle, et il est prit d’un fou-rire qui finit par réveiller ce dernier.
- « Hein, quoi ? Qu’est-ce qui se passe ? Par ma sainte barbe, où suis-je ? » Dis Bin Laden.
- « Ah, salut Ben, te biles pas, prends la cool, on est le plus simplement du monde dans un ascenseur qui survole Manhattan. Sinon ça va, bien dormi ? » Demande Jésus.
Ce remue ménage fait sortir de sa torpeur W Bush, qui s’exclame à coup de jurons (un filet de bave au coin des lèvres car il dormait très bien en fait) qui peuvent bien être les abrutis qui l’ont réveillé alors qu’il était en plein rêve de partie de chasse avec Dick Cheney. Mais il se ravise bien vite, voyant d’un œil un barbu en robe blanche avec un regard un poil niais (« encore un type qui fume pas des cigarettes » se dit-il) et d’un autre œil il voit un barbu en robe blanche qui a fait un mauvais réveil et qui le regarde plutôt bizarrement, une sorte d’inimitié émanant de sa personne. Les capacités mentales de W étant ce qu’elles sont, sa matière grise rassemble les pièces du puzzle petit à petit, et l’on peut voir son visage passer de la bête interrogation, à une mimique incompréhensible qui ne veut rien dire, puis à une grimace de douleur devant la vérité qui semble se profiler, et enfin une peur panique qui se traduit par un palissement soudain de son visage. Mais le W est tout de même doué de courage, et surtout d’un instinct de survie efficace. C’est ainsi qu’il se rue sur la paroi de l’ascenseur, cherchant à toute vitesse un bouton, un interrupteur, un interphone, une trappe, n’importe quoi qui déclenche quelque chose, ne serait-ce que l’ouverture des portes, il sauterait surement.
- Y’a même pas d’interphone, Holy Crap, mais qu’est-ce qu’on va devenir ? Eh ! mais, attendez, et si c’était LUI qui nous faisait monter le voir ? qu’est-ce que ça signifierait ? Est-ce l’avènement de l’Apocalypse ?
- Je n’en sais rien, c’est ça le pire, j’étais pas au courant de tout ça. En plus juste avant de me réveiller ici j’étais en train d’agoniser sur ma croix, les croassements des corbeaux me glacent encore le sang…
- Personnellement, je faisais ma partie de bridge avec mola Omar, et d’un coup plus rien, le noir complet. Le pire c’est le rêve que j’ai fait : mola Omar et moi courrions nu main dans la main dans un champ de pavot en Afghanistan, avec la musique de La Mélodie du Bonheur qui nous suivait, et on finissait notre course dans une oasis du désert à s’asperger d’eau comme des bambins…
- « Ah oui, pas mal ton rêve, je pourrais te l’expliquer si tu le souhaites… » Proposes Jésus.
- Non merci, j’ai jamais eu besoin de psy, ça commencera pas aujourd’hui !
C’est autour de ce moment-là que W Bush saisi qui est vraiment cette espèce de hippie. Il se rue alors à ses pieds et implore pardon, jurant ses grands dieux qu’il a vraiment jeté toutes ses bouteilles de Whisky, et qu’il refuse même les panachés, pour la forme.
Pendant ce temps-là l’ascenseur continuait de grimper, et l’on voyait maintenant toute la cote de la région, la courbe terrestre était même nettement présente. Un noir total et inquiétant remplissait l’espace inoccupé par la terre, et ces trois énergumènes songeaient intérieurement à ce qui les attendait au-delà de l’atmosphère, étant donné qu’il n’y avait pas cette fameuse couche de nuage impénétrable censée séparer l’Homme de son Créateur.
Mais peut-être ne se posaient-ils pas la bonne question : « pourquoi il nous fait venir ? », plutôt « Qui nous fait venir ?».